Plus de 2000 manifestants à Rennes pour la préservation de l’eau
« Dans les rivières, des poissons pas du poison » : plus de 2000 manifestants ont défilé à Rennes (Ille-et-Vilaine) le samedi 10 janvier 2026 pour soutenir la révision du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) du bassin-versant du fleuve Vilaine, vivement contestée par certains syndicats agricoles.
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Les manifestants ont répondu à l’appel d’une soixantaine d’organisations (associations de défense de l’environnement ou de victimes des pesticides, syndicats, Confédération paysanne, etc.) et étaient accompagnés de quelques tracteurs.
Les herbicides pour maïs en ligne de mire
« On veut à tout prix que la commission locale de l’eau (CLE) puisse voter cette révision du SAGE, qui porte surtout sur deux grandes règles : l’interdiction des herbicides de maïs sur les aires de captage sensibles prioritaires, et l’interdiction de toucher aux zones humides », a expliqué à l’AFP Marie-Eve Taillecourt, éleveuse de brebis bio et porte-parole de la Confédération paysanne du Morbihan.
C’est l’interdiction d’utliser des herbicides pour les cultures de maïs qui cristallise les tensions avec des syndicats agricoles comme la FNSEA, JA (Jeunes agriculteurs) et la Coordination rurale.
Selon ses défenseurs, la mesure, destinée à éviter que des polluants ne ruissellent dans les captages d’eau potable, concernerait pourtant moins de 1,5 % de la surface du SAGE Vilaine, le plus grand de France avec plus de 11 000 km2. Ce territoire englobe six départements de la Mayenne au Morbihan, et compte 1,3 million d’habitants.
Mais à l’appel de la FNSEA, des centaines d’agriculteurs avaient physiquement empêché la tenue d’une réunion la CLE en décembre dernier, pour bloquer l’adoption du nouveau SAGE.
« On ne peut plus se permettre d’attendre »
« Ils ne veulent pas passer cette soi-disant + ligne rouge + de l’interdiction des pesticides, on ne peut plus se permettre d’attendre », assure Marie-Eve Taillecourt. « Moins de 8 % des masses d’eau sont en bon état sur le bassin de la Vilaine donc il y a un vrai enjeu », renchérit Arnaud Clugery, directeur et porte-parole de l’association Eau et Rivières de Bretagne.
Les agriculteurs sont selon lui « plutôt bien représentés » à la Commission locale de l’eau, et la chambre d’agriculture a fait un certain nombre de propositions qui ont été retenues.
Mais une telle interdiction des herbicides pour maïs serait une première en France et « on sent bien que ça ne plaît pas à un certain nombre d’industriels et de firmes agrochimiques » au niveau national, estime Arnaud Clugery.
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